Le risque de blessure lors de pratique du sport chez les jeunes est dangereux pour la suite

Risque de blessure chez les jeunes athlètes : laissons les enfants… être des enfants !

La pratique du sport démarre de plus en plus tôt, et pour certains de manière très intensive. Ce phénomène n’est pas sans risque chez les jeunes athlètes à long terme, car la répétition des efforts peut entraîner un risque de blessures chroniques par la suite. En prenant en compte ce danger qui guette et en respectant certaines indications, de meilleurs jours leur sont promis. Moins de blessures étant jeune équivaut à une plus grande réussite à l’avenir lors de performances individuelles comme en équipe. Et ce, quel que soit le niveau.

C’est prouvé, la réduction des blessures chez les jeunes entraîne une baisse des blessures à long terme. Les entraîneurs de tous niveaux comme les parents doivent absolument avoir conscience de ce constat. Certains sports, notamment le football ou le basket, très pratiqués chez nous, causes davantage de lésions. D’où la nécessité de surveiller la pratique et imposer des restrictions sur le nombre d’entraînements le plus tôt possible. Car la répétition des efforts, si elle est un vecteur de performance et une composante essentielle à la réussite future, a brisé de nombreuses carrières… trop tôt. Avant même que certains n’aient pu expérimenter d’autres sports, d’autres modes de mouvement.

Inutile de les pousser à ne pratiquer qu’un seul sport

Même pour les enfants qui ne se dirigeront pas vers le niveau professionnel, les recherches ont montré que la spécialisation sportive dès le plus jeune âge provoque des blessures inutiles, excessives, contribue au burnout, à l’épuisement et ne garantissent pas la réussite de la pratique d’un sport dans le futur (1). Laissons donc les enfants être des enfants. En tant que parent ou entraîneur, inutile de les pousser à ne pratiquer qu’un seul sport dans l’optique qu’ils pourraient devenir, un jour, champion olympique. Il est préférable de permettre aux néo-athlètes d’essayer différentes disciplines, selon les saisons par exemple.

Par définition, la spécialisation sportive précoce se définit par :

• La participation à une formation intensive et/ou à une compétition dans un sport organisé plus de 8 mois par an
• La participation à un sport excluant la participation à d’autres sports, avec jeu libre limité
• L’implication des enfants pré-pubères ( environ 12 ans)

Comment diminuer le risque de blessure

Plusieurs études ont révélé que les jeunes athlètes participant à plus d’heures de sport par semaine que leur âge (en années) ou dont le ratio du sport organisé était deux fois supérieur au temps de jeu libre, connaissent des risques de blessure accrus (2). Cela entraîne alors considérablement la probabilité de subir une blessure à l’avenir. Certaines recommandations ont ainsi été publiées par les principales autorités de médecine du sport. Elles constituent un pas en avant dans la réduction des blessures et de l’épuisement chez les jeunes athlètes :

1) Le Comité international olympique (CIO) recommande que les enfants soient encouragés à participer à diverses activités, à développer une large gamme de compétences et à éviter la spécialisation jusqu’à au moins la puberté

2) Pour éviter l’épuisement mental et les blessures physiques, The American Medical Society for Sports Medicine recommande (4) :

• que les entraîneurs et le personnel médical utilisent un outil valide et fiable pour surveiller l’épuisement en cas de pratique intense
• d’éviter les délais excessifs de performance
• de mettre l’accent sur le développement des compétences et le plaisir
• de mettre l’accent sur les compétences de l’activité physique tout au long de la vie

Voici ce que dit une autre déclaration de consensus d’experts (5, 6) : les enfants qui participent à plus d’heures de sport par semaine que leur âge, pendant plus de 16 heures par semaine dans une formation intense et qui sont spécialisés dans les activités sportives, devraient être surveillés de près. Que ce soit en matière d’épuisement ou de diminutions potentielles des performances en raison du surentraînement. D’autre part, que tous les jeunes bénéficient d’un conditionnement périodisé pour les aider à se préparer aux exigences de la pratique du sport en compétition. Enfin, que les jeunes qui se spécialisent dans un seul sport devraient planifier des périodes de formation neuromusculaire isolées pour améliorer le développement des compétences motrices et réduire les facteurs de risque de blessures.

References :

(1) LaPrade RF, Agel J, Baker J, Brenner JS, Cordasco FA, Cote J, et al. AOSSM Early Sport Specialization Consensus Statement. Orthopaedic journal of sports medicine. 2016 Apr;4(4):2325967116644241. PubMed PMID: 27169132. Pubmed Central PMCID: PMC4853833. Epub 2016/05/12. eng.

(2) Jayanthi NA, LaBella CR, Fischer D, Pasulka J, Dugas LR. Sports-specialized intensive training and the risk of injury in young athletes: a clinical case-control study. The American journal of sports medicine. 2015 Apr;43(4):794-801. PubMed PMID: 25646361. Epub 2015/02/04. eng.

(3) Bergeron MF, Mountjoy M, Armstrong N, Chia M, Cote J, Emery CA, et al. International Olympic Committee consensus statement on youth athletic development. British journal of sports medicine. 2015 Jul;49(13):843-51. PubMed PMID: 26084524. Epub 2015/06/19. eng.

(4) DiFiori JP, Benjamin HJ, Brenner JS, Gregory A, Jayanthi N, Landry GL, et al. Overuse injuries and burnout in youth sports: a position statement from the American Medical Society for Sports Medicine. British journal of sports medicine. 2014 Feb;48(4):287-8. PubMed PMID: 24463910. Epub 2014/01/28. eng.

(5, 6) Myer GD, Jayanthi N, Difiori JP, Faigenbaum AD, Kiefer AW, Logerstedt D, et al. Sport Specialization, Part I: Does Early Sports Specialization Increase Negative Outcomes and Reduce the Opportunity for Success in Young Athletes? Sports health. 2015 Sep-Oct;7(5):437-42. PubMed PMID: 26502420. Pubmed Central PMCID: PMC4547120. Epub 2015/10/27. eng.
Myer GD, Jayanthi N, DiFiori JP, Faigenbaum AD, Kiefer AW, Logerstedt D, et al. Sports Specialization, Part II: Alternative Solutions to Early Sport Specialization in Youth Athletes. Sports health. 2016 Jan-Feb;8(1):65-73. PubMed PMID: 26517937. Pubmed Central PMCID: PMC4702158. Epub 2015/10/31. eng.